jeudi 6 février 2014

Olivier Laurelli et l'Internet phantasmé

Je continue à penser qu'il faudrait conforter Olivier Laurelli dans son rôle de lanceur d'Alertes car son action est d'utilité publique, surtout dans un cas comme celui-ci.

Vu sur lesnumeriques.com

Le blogueur Olivier Laurelli, alias "bluetouff", a été condamné par la cour d'appel de Paris à payer une amende de 3000 euros pour avoir téléchargé des données sensibles indexées sur Google. Accusé de "maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données" et de "vol" de documents, bluetouff n'a pourtant procédé à aucune forme de piratage.

L'histoire commence en 2012, lorsque Olivier Laurelli "tombe" sur des documents de travail de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail). Si les fichiers sont supposés être confidentiels, ils ne sont aucunement protégés par l'organisme et demeurent en accès libre sur Internet. Du pain bénit pour ce blogueur, fin connaisseur des sujets liés à la cybercriminalité et co-fondateur du site Reflets.info, qui décide alors de télécharger 8 000 de ces documents internes.

La faille de sécurité ayant plaidé en la faveur d'Olivier Laurelli, ce dernier a d'abord été innocenté. Si la "victime" — à savoir l'Anses —, consciente de sa négligence, n'a pas souhaité se porter partie civile, le parquet a tout de même décidé de revenir sur cette décision, statuant sur le caractère "frauduleux" de cet accès aux documents "privés".

Un cas d'école qui suscite l'incompréhension. Médiapart jette un pavé dans la marre soulignant : "En ouverture d’audience, la magistrate chargée de rappeler les faits semblait même ne pas connaître Google, prononcé à la française « gogleu », ni savoir ce que signifie un « login », prononcé « lojin ». Difficile, dans ces conditions, d’expliquer qu’il est effectivement possible de tomber sur des documents de travail par une simple recherche… « Mais il faut tout de même taper des mot-clés… », demande ainsi, dubitatif, un des juges. « Comment faites-vous pour arriver sur des questions de santé publique alors que vous cherchiez des choses sur la Syrie ? » Au fil de l’audience, on se rend compte que les magistrats ont une vision totalement fantasmée d’internet, et des documents que l’on peut y trouver… « Vous ne vous souciez pas de savoir si vous alliez tuer toute la planète ? » s’indigne ainsi une magistrate alors que l’accusé vient de lui expliquer que ces documents n’étaient, visiblement, pas confidentiels."

De son côté, l'avocat du blogueur dénonce "l'acharnement incompréhensible" et a annoncé via Twitter leur pourvoi en cassation "contre cet arrêt inique".

Vous pouvez suivre toute l'histoire en détail sur le blog de bluetouff. 

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